Eva

Berlin 2018, en compétition |
de Benoît Jacquot
avec Isabelle Huppert, Gaspard Ulliel, Julia Roy, etc.

Né en 1947, ancien assistant de Marcel Carné et Marguerite Duras, Benoît Jacquot est sans doute l’un des cinéastes français les plus singuliers du moment. Aussi à l’aise dans le film à costumes révélateur («Les Adieux à la Reine») que dans le mélodrame le plus échevelé («Trois Cœurs»), Jacquot l’éclectique sait tout l’art de varier les genres. Avec «Eva», il accomplit sa première incursion dans le thriller psychologique à très haute tension… Troublante et mystérieuse prostituée, Eva (Isabelle Huppert) fait irruption dans l’existence de Bertrand (Gaspard Ulliel), un écrivain prometteur. Littéralement envoûté, le jeune homme en conçoit une véritable obsession, au grand dam de son éditeur (Richard Berry), qui ne comprend guère son engouement…

Adapté du roman noir éponyme de l’Américain James Hadley Chase, dont le regretté Joseph Losey avait déjà tiré une adaptation joliment vénéneuse en 1962 (avec Jeanne Moreau dans le rôle-titre), le vingt-deuxième long-métrage du réalisateur de «Journal d’une femme de chambre» égare à plaisir le spectateur dans un labyrinthe des passions étourdissant. Excellant dans le rôle d’une manipulatrice hors-pair, Isabelle Huppert, actrice fétiche du cinéaste (c’est leur cinquième collaboration), y est magistrale, tout à la fois touchante, inquiétante, vulnérable et insaisissable, à l’instar du cinéma de haut vol de Benoît Jacquot!
France / Belgique, 2017, couleur, 1h40, programme n°218