de Spike Lee |
avec Wesley Snipes, Annabella Sciorra, John Turturro, Samuel L. Jackson, Ossie Davis, Anthony Quinn, etc.
Avec Charles Burnett, Mario et Melvin Van Peebles, Spike Lee est aujourd’hui le grand défenseur du nouveau cinéma «noir» américain. Dans «Jungle Fever», réalisé en 1991, Lee installe face à face deux des grandes communautés américaines à New York: les Noirs (du quartier de Harlem) et les Italiens (de Bensonhurst). Cependant, Lee se refuse à toute considération sociale ou politique sur le racisme: il n’y a pas de pauvre ni de révoltes, dans «Jungle Fever»: Flipper, le Noir, est un brillant architecte; Angela, l’Italienne dont il va tomber amoureux, est une intérimaire qui n’a pas de difficultés financières. Dans ce film admirable, le cinéaste observe de façon presque chorégraphique comment deux mondes opposés s’attirent (comme deux produits chimiques) et finissent, malgré tout, par se détruire. «Jungle Fever» est ainsi un film sur la mise en scène du racisme, dont l’intention n’est pas, une nouvelle fois, de le dénoncer; mais d’aider à le cerner avec des musiques et des images d’aujourd’hui.
Etats-Unis, 1991, couleur, 2h01; programme n°40